Accueil / Blog / Aéro

Drones BVLOS : choisir une liaison de données satellite ou cellulaire

Liaison de commande et contrôle, charge utile, redondance : comment concevoir les liaisons de données d'un programme de drones au-delà de la vue directe.

Article en français.

Les opérations de drones hors de la vue directe du télépilote, dites BVLOS (Beyond Visual Line Of Sight), ouvrent des perspectives considérables pour l'inspection de pipelines, de lignes électriques, de voies ferrées ou de grands sites industriels. Elles posent cependant une question centrale : comment maintenir une liaison fiable entre l'aéronef sans équipage et son poste de pilotage lorsque la portée radio directe ne suffit plus ? Ce guide présente les options de liaison et les critères de choix pour un responsable de programme drones.

Deux flux à distinguer : C2 et charge utile

Un drone échange deux grandes catégories de données. La première est la liaison de commande et contrôle, souvent appelée C2 : télémétrie, commandes de vol, état des systèmes. Elle consomme peu de débit mais exige une très grande fiabilité et une latence maîtrisée. La seconde est la liaison de charge utile : flux vidéo, images haute résolution, données lidar ou capteurs spécifiques. Elle peut demander beaucoup de débit, mais tolère souvent un traitement différé.

Cette distinction est fondamentale, car elle permet de dimensionner chaque liaison selon son rôle. Il est fréquent de confier la C2 à un lien robuste et redondé, tandis que la charge utile est transmise par un autre canal ou stockée à bord pour être déchargée après le vol.

Les options de liaison au-delà de la vue directe

Réseaux cellulaires

Les réseaux 4G et 5G offrent un bon débit et une latence raisonnable là où la couverture existe. Leur limite est évidente : les zones isolées, les mines, les déserts ou les espaces maritimes en sont souvent dépourvus. De plus, les réseaux publics sont optimisés pour les utilisateurs au sol, et la couverture en altitude peut être irrégulière.

Réseau privé déployé sur site

Sur un site industriel étendu, un réseau privé LTE déployé localement permet de maîtriser la couverture et la qualité de service. Une station de base mobile, raccordée par satellite, peut couvrir la zone d'opérations des drones. Notre page BTS mobile et réseaux privés présente ce type de solution.

Liaison satellitaire embarquée

Pour les vols longue distance, la liaison satellitaire embarquée est souvent la seule option. Elle est surtout accessible aux drones de taille moyenne ou grande, capables d'emporter une antenne et un modem. La bande L est adaptée à la C2 grâce à des terminaux compacts, tandis que les bandes Ku et Ka permettent des débits plus élevés pour la charge utile sur les plateformes plus lourdes. Les constellations en orbite basse apportent une latence réduite, intéressante pour le pilotage à distance.

Le cadre réglementaire européen en bref

En Europe, les opérations BVLOS relèvent généralement de la catégorie dite spécifique définie par la réglementation de l'EASA. Elles nécessitent une évaluation des risques, souvent menée selon la méthodologie SORA, et une autorisation de l'autorité nationale compétente, sauf lorsqu'un scénario standard s'applique. La performance et la robustesse de la liaison C2 font partie des éléments examinés, de même que les procédures en cas de perte de liaison.

Il revient à l'exploitant de démontrer que ses liaisons sont adaptées à l'opération envisagée. Le choix technologique doit donc être documenté, testé et intégré au manuel d'exploitation.

Critères de conception d'une architecture fiable

  • Redondance : prévoir au moins deux chemins indépendants pour la C2, par exemple radio directe et satellite, ou cellulaire et satellite.
  • Latence : vérifier qu'elle reste compatible avec les procédures de pilotage et de reprise en main.
  • Comportement en perte de liaison : définir et tester la procédure automatique, comme le retour au point de départ ou l'atterrissage sur zone prédéfinie.
  • Masse et consommation : chaque équipement réduit l'autonomie du drone.
  • Sécurité des données : chiffrement des flux et authentification du poste de contrôle.
  • Connectivité du poste de contrôle : le télépilote lui-même doit disposer d'un accès fiable aux réseaux, notamment sur un site isolé.

Le poste de contrôle au sol, maillon souvent négligé

Dans de nombreux programmes, le poste de contrôle est installé dans un véhicule ou un abri temporaire, loin de toute infrastructure. Il doit recevoir les flux du drone, accéder aux informations aéronautiques et météorologiques, et transmettre les données vers le centre d'analyse. Une antenne plate à pointage électronique ou un terminal LEO compact, installé sur le véhicule, répond bien à ce besoin. La page Starlink donne un aperçu de cette approche.

Concevoir les liaisons d'un programme BVLOS revient à combiner plusieurs technologies selon leur rôle : fiabilité pour la commande, débit pour la charge utile, mobilité pour le poste au sol. Mediasatcom vous aide à analyser ces besoins et à construire l'architecture de connectivité au sol et sur site, l'intégration à bord du drone restant du ressort du constructeur et de l'exploitant.

← Retour au blog

Articles liés

Votre site est isolé ? Nous le connectons.

Décrivez-nous votre mine, votre station ou votre déplacement : nous vous proposons une solution adaptée sous 48 heures.

Parler à un expert →